MAAR Dora (1907-1997)
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Dora Maar, 1946
© Isis
Œuvres disponibles



Dora Maar est une des figures marquantes du XXe siècle. Membre du groupe surréaliste, elle rencontre Brassaï, André Breton, Jean Cocteau, Georges Bataille..., et devient dès le début des années 30 photographe célèbre.
Sa rencontre avec Picasso en 1936 l’oriente vers le dessin et la peinture, délaissant ainsi la photographie.
Femme de caractère, elle travaille sans relâche pendant plus de quarante ans, voyageant du cubisme au pointillisme, de l’abstraction au réalisme.
De 1946, année de sa cruelle séparation avec Picasso, jusqu’ à son décès en 1997, elle partage son temps entre Ménerbes et Paris. Le Luberon et le village de Ménerbes deviennent alors sources d’inspiration.
Parfois sombres à l’image de ses photographies, parfois porteurs d’une lumière sidérale et ondoyante, ses dessins nous font partager l’essentiel de ce que fut le siècle précédent, cruel et novateur.


Henriette Theodora Markovitch, née le 22 novembre 1907 à Paris et morte le 16 juillet 1997 à Paris, est une photographe et peintre française, connue sous le pseudonyme de Dora Maar. Elle fut l'amante et la muse de Pablo Picasso, rôle qui a éclipsé l'ensemble de son œuvre.

Henriette Theodora Markovitch est la fille unique de Joseph Markovitch (1874-1969), architecte croate qui a étudié à Zagreb, Vienne puis Paris où il s'installe en 1896, et de Julie Voisin (1877-1942), originaire de Tours (Indre-et-Loire) et catholique.

En 1910, la famille part pour Buenos Aires où le père a obtenu plusieurs commandes dont l'ambassade d'Autriche-Hongrie. Cette réalisation lui valut de recevoir une décoration de l'empereur François-Joseph 1er, même s'il fut « le seul architecte qui n'ait pas fait fortune à Buenos Aires ».

En 1926, la famille revient à Paris. Dora Maar, pseudonyme qu'elle se choisit, suit les cours de l'Union centrale des arts décoratifs et de l'École de photographie. Elle s'inscrit également à l'Académie Julian à l'École des Beaux-arts, qui a l'avantage d'offrir le même enseignement aux femmes qu'aux hommes. Dora Maar fréquente l'atelier d'André Lhote où elle rencontre Henri Cartier-Bresson.
L'atelier cesse ses activités, et Dora Maar part, seule, à Barcelone puis à Londres, où elle photographie les conséquences de la dépression économique consécutive à la crise boursière de 1929 aux États-Unis. À son retour, et avec l'aide de son père, elle ouvre un autre atelier à Paris.

Dora Maar photographe

Début 1930, elle installe un atelier de photographie rue Campagne-Première (Paris 14e) avec Pierre Kéfer, photographe et décorateur pour le film de Jean Epstein, La Chute de la Maison Usher (1928). Elle fait la connaissance du photographe Brassaï avec qui elle partage la chambre noire de l'atelier. Dora Maar rencontre Louis-Victor Emmanuel Sougez, photographe travaillant pour la publicité, l'archéologie et directeur artistique du journal L'Illustration (à partir des années 30), qu'elle considère comme un mentor.

En 1932, elle a une liaison avec le cinéaste Louis Chavance. Dora Maar fréquente le groupe Octobre, formé autour de Jacques Prévert et Max Morise après leur rupture avec le surréalisme.
Sa première exposition personnelle est organisée à la Galerie Vanderberg, à Paris.

Par l'intermédiaire d'une association d'extrême-gauche, Masses, dirigée par René Lefèvre et administrée par Jacques Soustelle, ouverte aux marxistes et non-marxistes, avec le soutien, notamment, de Simone Weil, elle rencontre Georges Bataille membre de cette association depuis octobre 1933. Après les manifestations fascistes du 6 février 1934 devant l'Assemblée nationale française, elle signe le tract Appel à la lutte rédigé à l'initiative d'André Breton.

Fin 1935, Dora Maar est engagée comme photographe de plateau sur le film de Jean Renoir, Le Crime de Monsieur Lange. C'est à cette occasion que Paul Éluard lui présente Pablo Picasso. Leur liaison durera près de neuf années, sans que Picasso ne rompe pour autant sa relation avec Marie-Thérèse Walter, avec qui il a eu une fille, Maya.

Dora Maar photographie les étapes successives de la création de Guernica, tableau que Picasso peint dans son atelier de la rue des Grands-Augustins de février à mai 1937. Parallèlement, elle est le principale modèle de Picasso qui la représente le plus souvent en larmes. Elle-même réalise plusieurs autoportraits intitulés La Femme qui pleure.

Ce sont cependant les travaux de la période surréaliste qui demeurent les plus recherchés par les amateurs : Portrait d'Ubu (1936), 29 rue d'Astorg, Sa sœur noire, collages ou photo-montages.

Sa liaison avec Picasso s'achève en 1943, bien qu'ils se revoient épisodiquement jusqu'en 1946. Ainsi le 19 mars 1944, elle tient le rôle de l'Angoisse grasse lors de la lecture chez Michel Leiris de la première pièce de Picasso, Le Désir attrapé par la queue, conduite par Albert Camus. En 1944, par l'intermédiaire de Paul Éluard, Dora Maar rencontre Jacques Lacan qui la soigne de sa dépression nerveuse. Picasso lui achète une maison à Ménerbes, dans le Vaucluse. Elle s'y retire, y vit seule, se tourne vers la religion catholique, rencontre le peintre Nicolas de Staël qui habite le même village et peint des tableaux abstraits.

Dora Maar peintre

L'œuvre peint de Dora Maar est resté méconnue jusqu'à la vente posthume, organisée en 1999, qui fit découvrir au public et aux professionnels une production très personnelle qui n'avait jamais quitté son atelier.

Dora Maar abandonne la photographie pour la peinture aux côtés de Picasso. L'influence, ou plutôt l'écrasante présence du maître, lui impose un style cubisant qui souffre de la comparaison avec son modèle. Encouragée par Picasso à s'exprimer dans cette technique, on peut légitimement s'interroger sur cette volonté de Picasso d'éloigner son amante du domaine où elle excelle pour la contraindre dans la peinture qu'il maîtrise depuis longtemps.

C'est à partir de la douloureuse séparation d'avec Picasso qu'apparaît vraiment Dora Maar peintre. Les œuvres tragiques figuratives comme Portrait d'Eluard, ou Autoportrait à l'enfant (1946), traduisent dans une palette sombre la douleur des années d'après-guerre.

Après des années de lutte, entre dépressions et mysticisme, l'enfermement volontaire de Dora Maar avec ses souvenirs connaît une brève embellie dans les années 60 à 70, avec des Grands formats abstraits aux couleurs chatoyantes. Mais c'est à partir des années 80 que le peintre s'exprime pleinement dans ses multiples tableaux du Luberon, où les paysages sauvages autour de sa maison de Ménerbes, balayés de nuages et de vent, révèlent avec force la lutte d'une artiste aux prises avec les fantômes de son passé.



Ménerbes et la citadelle
Encre vertes et noires sur papier
22,5 x 31,5 cm
cachet atelier Dora Maar, monogrammé au verso





Expositions personnelles

1932 - Galerie Van der Berghe, Paris
1934 - Galerie de Beaune, Paris
1936-37 - Participation à des expositions surréalistes à la Galerie Charles Ratton et Art Fantastique, Dada, le Surréalisme au MoMA à New York
1944 - Galerie Jeanne Bucher, Paris (avec un large soutien des artistes, des galeristes parisiens et des écrivains comme Jean Cocteau, Pablo Picasso, Marie Laurencin, Pierre Reverdy, Georges Braque, Jacques Villon, Louis Carré, Henri Matisse, Georges Hugnet, Nicolas de Staël et Paul Eluard)
1945 - Galerie René Drouin, Paris
1946 - Galerie Pierre Loeb, Paris
1957 - Les paysages du Luberon, Galerie Berggruen, Paris
1958 - Leicester Galleries, Londres
1983 - Galerie Scandler, Paris
1990 - Exposition d'œuvres anciennes à la Galerie 1900-2000, Paris
1995 - Rétrospective en tant que photographe, Bancaixa, Valence, Espagne
2002 - Dora Maar, Bataille, Picasso et surréaliste, Centre de la Vieille Charité, Musée de Marseille, et au Centre Culturel de Sala Tecla, Barcelone
2006 - Picasso, Dora Maar, Musée Picasso, Paris
2012 - Dora Maar "de Picasso à Ménerbes", Galerie Pascal Lainé, Ménerbes
2016 - Les 10 ans de la Maison Dora Maar, Ménerbes

Expositions collectives

Dora Maar participe à un grand nombre d'expositions collectives, en tant que photographe et peintre, de 1932 à 1991.
Elle a créé des costumes et scènes pour Mister Bob'le, de Georges Shehade, Théâtre de la Huchette, Paris
Biographie  
Pays France
Source  
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