Né à Seattle en 1924, arrivé en France en 1944 en tant que soldat américain, il s'était installé à Paris en 1948 et devint l'un des acteurs de l'abstraction lyrique (ce courant pictural recherchant l'expression spontanée de l'émotion individuelle). Il fait partie du groupe de Cimaise avec Michel Ragon et Pierre Restany. A partir de 1960, il voyage et se passionne pour le Japon et l'esprit Zen. Beaucoup de ses clichés représentent des paysages de ce pays. Les recherches en peintures et collages de Koenig témoignent des questionnements de l'époque sur l'énergie, la matière du temps, la lumière et l'espace. Originaire de Seattle, John-Franklin Koenig avait fait une donation à la ville de Nantes, jumelée avec sa ville natale, et à la ville d'Angers, avec laquelle il avait tissé des liens artistiques et amicaux. En effet, c'est à Angers qu'avait eu lieu en 1999 l'exposition "Les années de combat" (1951-1962) dont l'artiste a été l'un des acteurs essentiels. Il y fit ses débuts avec des gouaches et des collages et fut en 1952 le co-fondateur de la revue cimaise avec Jean-Robert Arnaud, dont la galerie rue du Four à Paris, devint le rendez-vous de la jeune abstraction lyrique défendue activement par Michel Ragon et Herta Wescher. Les deux donations témoignent respectivement d'un parcours placé sous le signe de l'ouverture et de l'expérimentation. "Etre ouvert le plus possible au présent avec liberté" le fit voyager et séjourner plusieurs fois au Japon à partir des années 1960, d'où il rapporta des photographies aujourd'hui dans la donation de Nantes. Un art qu'il pratiquait tout en continuant d'interroger des formes en mouvement. Cet art a inspiré à Ragon le terme de "paysagisme abstrait" partagé avec ses amis nantais James Guitet et Martin Barré. Tout commence avec la guerre qui lui fait découvrir la France. Incorporé dans la 11e division blindée, il participe au débarquement de 1944 près de Cherbourg. Pour ce natif de la côte du Pacifique ouverte sur les grands espaces et tournée vers l'Extrême-Orient, l'appel est permanent. Pierre Restany voyait en lui l'un des représentants de ce qu'il a appelé les "espaces imaginaires". Marqué par Tobey, Koenig partage avec son compatriote une inclination pour la spiritualité orientale qui s'exprime à travers une gestuelle dont l'élan premier est dicté par l'émotion. Une peinture de Koenig s'enracine dans le silence et relève de cet espace zen, tangible et imaginaire. Les figures du cercle, du triangle ou des carrés irréguliers s'inscrivent dans des compositions bipartites ou tripartites où dominent les verts, les bleus et les rouges profonds, sur des fonds ocre diaphanes et des transparences, des blancs, réceptacles de sa méditation émerveillée. Aucune allusion à une image ou à un récit, mais des signes qui creusent la matière ou bien des barres colorées à partir d'une dichotomie formelle et chromatique significative de son langage, en réponse à sa contemplation intérieure. L'artiste n'a jamais renoncé aux moyens traditionnels de la peinture. Son lyrisme accentue le renversement horizontal-vertical qui ouvre l'espace sur "l'illimité". Ses quarante années passées en France font de John-Franklin Koenig une figue incontournable de la scène artistique française de la seconde moitié du XXe siècle. Ses nombreuses expositions personnelles, ses participations régulières aux expositions de groupe et sa présence constante dans les salons de l'après-guerre – Réalités nouvelles, Comparaisons, Grands et jeunes, Ecole de Paris… - en témoignent ainsi que ses premières rétrospectives dès 1969. Peintre, poète, il laisse de nombreux écrits sur la peinture. Fou de danse, il assure la chronique chorégraphique de Cimaise, pendant de nombreuses années. Auditeur fidèle du "domaine musical", il est également grand amateur de musique baroque. Tout cela est évoqué avec des livres, pochettes de disques vinyles rehaussés de gouaches, d'estampes, de deux tapisseries qui complètent cet ensemble exceptionnel venu enrichir les collections de peintures du XXe siècle de ces deux musées.   Musée des beaux-arts d'Angers Musée des beaux-arts de Nantes

Sélection d’œuvre

John-Franklin Koenig, Composition, 1969

signé et daté 1969 en bas au centre
27 x 24 cm